Category: musée

  • En mai 2011 se dessine le musée de demain

    En mai 2011 se dessine le musée de demain

    Le mois de mai 2011 est chargé pour qui s’intéresse à l’avenir du musée, et notamment aux thématiques du musée et des NTIC. Je vous propose un petit tour d’horizon des conférences passées et à venir sur le sujet en France, en Grand-Bretagne, aux États-Unis et sur le net.

    Rencontres culture numérique © Lorena Biret
    Rencontres culture numérique © Lorena Biret

    Les 3 et 4 mai, les Rencontres culture numérique se tenaient à la Gaîté Lyrique (Paris), l’occasion pour de nombreux professionnels de se rencontrer et d’échanger autour des apports du numérique dans la médiation. Un compte-rendu très complet est disponible sur le blog NetPublic. Pour des approches plus personnelles, je vous suggère de lire les compte-rendus par Noëmie Tassel (Musetrek) ici, et encore ; regardez également la note de Nicolas Rigaud (WTFIRL) et le reportage photographique de Lorena Biret. Enfin, je vous incite à consulter les datavisualisations conçues par Raphaël Velt qui rendent compte du livetweet de l’événement de manière visuelle et efficace.

    Logo de Museums & Heritage
    Les 11 et 12 mai derniers, Museums & Heritage (Londres) proposait plusieurs conférences gratuites. L’une d’entre elles concernait le marketing et la présence des musées sur les réseaux sociaux, sous l’impulsion de Sumo (dont j’ai déjà parlé à propos de Ask a curator). Un autre conférence qui a attiré mon attention s’intitulait Design & Interpretation – That won’t cost the earth et abordait la question du musée “vert” : comment maintenir la qualité des expositions tout en réduisant la consommation d’énergie et de matières premières dans les musées ? Cette journée était placée sous le parrainage de Greener Museums, une agence spécialisée dans l’accompagnement des musées et des sites culturels dans la démarche de développement durable.

    The Museum of Tomorrow © AAMLes 23 et 24 mai prochains, l’American Association of Museums propose sa conférence en ligne The Museum of Tomorrow en parallèle à la version IRL de Houston, Texas. L’occasion de se pencher davantage sur le Horizon Report, Museum Edition 2010 (que je vous conseille vivement de consulter si ce n’est déjà fait, en pdf ou en ligne), mais aussi des questions aussi variées que le potentiel créatif des employés de musées, l’administration des bases de données pour les expositions au contenu important, le multilinguisme des expositions ou encore les moyens d’entretenir l’attention des publics.

    Logo MuseumNextEt pour finir, la même semaine MuseumNext se tiendra les 26 et 27 mai à Édimbourg (Écosse) et “s’intéressera aux apports des nouvelles technologies et des dernières tendances sur le web pour les musées et les galeries”. Jim Richardson (toujours l’agence Sumo) produit l’événement, qui sera l’occasion d’entendre quelques personnalités intéressantes des musées : Shelley Bernstein du Brooklyn Museum, reconnu comme l’une des figures de proue de l’usage des NTIC dans l’engagement des visiteurs ; Rich Mintz de Blue State Digital qui intervient dans le fundraising pour les institutions avec des outils numériques ; ou encore Geer Oskam de n8 (Stichting Museumnacht Amsterdam), qui travaille sur les moyens d’attirer les jeunes publics au musée à travers des stratégies online et offline.

    Si vous avez assisté ou allez assister à ces rencontres, n’hésitez pas à nous en dire plus dans les commentaires ou venez en discuter sur Twitter.

  • « Attaché » de David K. Ross au MAC, Montréal

    « Attaché » de David K. Ross au MAC, Montréal

    « Attaché » de David K. Ross
    « Attaché » de David K. Ross

    Canadien né en 1966, David K. Ross vit et travaille à Montréal. Il s’intéresse aux périphériques de l’exposition : le montage, le démontage, l’entreposage, la mise en caisse. Pour « Attaché », il s’est intéressé au code coloré adopté par les institutions canadiennes au milieu du XX°s pour identifier l’origine des caisses de transport des oeuvres : rose pale jusqu’en 1989 puis pourpre pour le Musée d’Art Contemporain de Montréal, ocre jaune pour le Musée des Beaux-Arts de Montréal ou encore bleu sombre pour le Centre Canadien d’Architecture. Ironiquement, ce système coloré est instauré au moment où émergent des pratiques picturales fortement liées à la couleur, telle que l’expressionnisme abstrait ou le colour field painting [En]. Aujourd’hui, ce code coloré pourrait bien disparaître pour laisser place à d’autres systèmes d’identification des caisses.

    Dans la première salle sont exposés une douzaine de tableaux, dont chacun représente un détail photographique agrandi de la caisse qui le contient. Les tableaux portent le nom des lieux dont ils illustrent la caisse : « MBAM/MMFA » pour le Musée des Beaux-Arts de Montréal/Montreal Museum of Fine Arts ou « CCA » pour le Centre Canadien d’Architecture. Il en découle une vraie qualité plastique et graphique indéniablement liée au colour field painting : effets de matières, jeux de relief et accidents colorés… Toutes les pièces, issues de la collection de l’artiste, sont des impressions latex sur toiles dont les dimensions finales sont légèrement plus petites que la caisse pour pouvoir les y placer. David K. Ross propose ainsi un rapprochement astucieux teinté d’ironie entre la création de ce code coloré et l’émergence des mouvements artistiques préoccupés par la couleur.

    La seconde salle présente « 396 x 534 x 762 » (2010), une vidéo fascinante et précieuse pour qui aime connaître les « dessous » de l’exposition. David K. Ross y projette un film documentant le montage de l’exposition « Attaché ». On y assiste à l’entreposage des caisses une fois les oeuvres déballées et installées, puis au montage de la cloison qui ferme l’espace d’exposition (pose d’une armature en poutre légère d’aluminium, pose de blocs de plâtre, enduit, peinture). Jolie mise en abyme de l’exposition, le visiteur assiste à la création du mur qui lui fait face, dans un habile jeu de caché/dévoilé. C’est là toute la richesse du travail de Ross : « Attaché » est à la fois une illustration des procédés classiques de l’exposition (tableaux accrochés aux murs blancs dans la première salle, oeuvres aux titres sibyllins sur des cartels normés) tout autant qu’à une réflexion sur la nature de l’exposition : qu’est-ce qu’on montre ? pourquoi ? comment ? avec quels artifices, quels outils ?

    Seul point noir de la présentation : le texte d’introduction de la commissaire Josée Belisle. Principal élément de médiation, premier contact avec les visiteurs par son positionnement en préambule de l’exposition, il est très long et difficile d’accès. De très longues phrases, dont certaines sont particulièrement peu digestes et demandent un sérieux effort de concentration, à l’image du premier paragraphe composé d’une seule phrase. Au final, ce texte vient compliquer le propos de David K. Ross plutôt que de l’éclairer, alors même que la réflexion de l’artiste sur la nature de l’exposition est riche et astucieuse, mais simple.

    Exposition du 21 mai au 6 septembre 2010, commissaire : Josée Bélisle. J’ai visité l’exposition le 4 août 2010.

  • Nouveau site pour Pointe-à-Callière

    Nouveau site pour Pointe-à-Callière

    MÀJ du site internet de Pointe-à-Callière
    MÀJ du site internet de Pointe-à-Callière

    Le musée d’archéologie et d’histoire de Montréal, Pointe-à-Callière, présente la nouvelle version de son site internet depuis quelques jours. Qu’en pensez-vous ? Je prépare quelques notes d’avis, à paraître dans quelques jours.

  • Ask a Curator crée l’événement sur Twitter

    Ask a Curator crée l’événement sur Twitter

    Ask a curator...
    Ask a curator…

    Mercredi dernier, le 1er septembre, s’est tenue la première édition de Ask a Curator. Pendant une journée (réparties sur les différents fuseaux horaires), les membres du réseau social Twitter ont pu poser des questions aux commissaires, chargés de projet et autres membres de la conservation de plus de 340 musées dans le monde.

    Il est intéressant de noter que seuls 7 musées en France ont participé (contre 87 en Grande-Bretagne), principalement des musées de provinces : le Musée d’art moderne Saint-Etienne Métropole (dont la documentaliste, Sophie, est aussi présente à titre personnel sur Twitter et très active), les Abattoirs et le Muséum de Toulouse, les Champs Libres de Rennes Métropole et le Musée du Chocolat de Strasbourg. Seuls musées parisiens : le Musée de la Poste et Cluny, le Musée national du Moyen-Âge (et seul musée national). Pas de trace du Louvre, du Centre Pompidou, du Musée d’Orsay, des Arts Décoratifs ou encore du Musée du Quai Branly. Pour tout dire, l’Australie et la Nouvelle-Zélande avaient chacune plus de musées inscrits que la France… Est-ce que les musées français ont pris peur parce que Twitter est majoritairement utilisé en anglais ? Pourtant, plusieurs musées des Pays-Bas ont répondu en néerlandais à des questions posées en néerlandais, par exemple. Il est bien dommage que ce genre d’initiative n’intéresse pas davantage les institutions de l’Hexagone, car elles permettent d’atteindre un public différent, pas forcément habitué à fréquenter les musées. Et la forme du Ask a Curator Day, propre à Twitter, présentait une excellente opportunité pour démystifier l’institution muséale (qui fait parfois peur), sur un ton spontané et informel. Espérons qu’ils seront au rendez-vous l’année prochaine.

    Ask a Curator est une initiative de Sumo Design, agence de marketing britannique basée à Newscastle. Spécialisée dans la communication des musées et institutions culturelles, Sumo Design est dirigée par Jim Richardson, également le fondateur de Museum Next, une conférence annuelle qui aborde les apports possibles des technologies numériques pour les musées et galeries.

    Parmi les retombées presse, citons notamment l’article de Wired qui indique que le hashtag #askacurator (complété dans la journée par #askcurators) a été l’un des plus populaires le 1er septembre, ainsi que celui du Art Newspaper astucieusement intitulé “Ask and yee shall retweet”, à la fois allusion à la Bible, “Demandez et on vous répondra” et jeu de mot sur retweet, “citer le statut d’un autre membre” dans le langage de Twitter.

  • Le Musée de la Civilisation à Québec perd son fondateur

    Le Musée de la Civilisation à Québec perd son fondateur

    Musée de la Civilisation, Québec
    Musée de la Civilisation, Québec

    C’est avec une profonde tristesse que toute l’équipe du Musée de la civilisation reçoit l’annonce du décès de monsieur Roland Arpin, son directeur général fondateur. Plus de dix ans après son départ de la direction, le souffle de ce visionnaire est tout aussi inspirant.

    En créant le Musée de la civilisation, Roland Arpin avait réussi à incarner un renouvellement de la muséologie, mettant au cœur de ses préoccupations les publics en leur offrant des projets novateurs qui les interpelleraient, souhaitant faire de son musée une véritable agora. Devançant les tendances, dans une muséologie audacieuse, il avait inscrit à la programmation dès l’ouverture du Musée des thèmes encore inexplorés d’enjeux sociaux et environnementaux.

    Le nouveau directeur général du Musée, Michel Côté, qui a eu la chance de travailler avec monsieur Arpin pendant plusieurs années, souligne que « le projet culturel conçu par monsieur Arpin pour ce premier musée de société au pays, garde toute sa pertinence et son actualité. Il a également eu une approche originale de la muséologie en axant les actions en fonction des publics ». Madame Margaret Delisle, présidente du conseil d’administration du Musée, déclarait quant à elle « tant dans la fonction publique québécoise que dans le milieu culturel, la figure de Roland Arpin sera celle d’un exceptionnel mentor et d’une source d’inspiration ». Cet intellectuel qui souhaitait amener à la barre des témoins de grands penseurs dans son musée savait aussi reconnaître l’importance, le poids des gestes du quotidien. On se rappelle l’exposition de préouverture Hommages aux bâtisseurs où étaient mis en vedette tous ceux qui avaient contribué à la construction de ce musée dont il ne doutait pas qu’il ferait une différence dans le portrait culturel de Québec. Pendant ses 14 années de présence au Musée, il aura arpenté ses salles d’expositions, discutant avec les visiteurs, se penchant avec tendresse vers les enfants qui lui importaient tant, échangeant avec les membres de l’équipe sur leurs projets, leurs défis.

    Ce penseur a tout au long de sa carrière cherché à comprendre son monde, LE monde. Sa réflexion sur la société québécoise, sujet de prédilection, se nourrissait de sa curiosité pour les autres sociétés, les autres systèmes politiques et culturels et a coloré son action au Musée de la civilisation qu’il voulait certes ancré dans l’histoire, mais surtout ouvert à l’actualité et préoccupé de son devenir. Cet immense pédagogue n’a eu de cesse de se préoccuper de faire partager les savoirs, de les rendre accessibles au plus grand nombre. Il croyait à la démocratisation des connaissances, loin du populisme, soucieux de rejoindre tous les publics et avait fait de cette volonté son credo pour le musée qu’il a fondé.

    Curieux des choses, des hommes, Roland Arpin avait une foi indéfectible dans sa société, la critiquant certes à l’occasion, mais offrant toujours des pistes de réflexion, des actions. Politiques culturelle, linguistique, du patrimoine, il allait de soi qu’il s’implique, consulte, discute, propose. Il a été à ce titre un acteur majeur de la vie culturelle et intellectuelle du Québec.

    « Dans un monde tranquille nous avons reçu la passion du monde ». Ces mots d’Anne Hébert rappellent à l’équipe du Musée de la civilisation que ce grand humaniste et visionnaire qu’était Roland Arpin aura légué sa passion du monde. Elle lui en est reconnaissante.

    Source : communiqué de presse du MCQ. Plus d’information sur le site du MCQ et sur la page Facebook du Musée.