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  • “Willy Ronis, une poétique de l’engagement” à la Monnaie de Paris

    “Willy Ronis, une poétique de l’engagement” à la Monnaie de Paris

    À l’occasion du centenaire de la naissance de Willy Ronis et moins d’un an après sa disparition, le Jeu de Paume et la Monnaie de Paris s’associent pour présenter une sélection d’oeuvres issues de la donation faite par le photographe à l’État français. Cette importante collection qui rassemble des milliers de négatifs, de documents, d’albums originaux et de tirages modernes, est conservée par la Médiathèque de l’architecture et du patrimoine, sous la tutelle du ministère de la Culture et de la Communication.

    Les premières salles s’ouvrent sur la vie dans la rue, principalement dans le Paris des années 1950. On y découvre un Willy Ronis très impliqué auprès des travailleurs, à travers plusieurs reportages pour Regards, mais aussi pour Time ou Life. Son indépendance et son engagement politique lui causeront d’ailleurs des difficultés financières et professionnelles : il met rapidement fin à sa collaboration avec les magazines américains, car il n’y trouve pas la liberté qu’il souhaite. D’autres séries témoignent de la solidarité de Willy Ronis avec les travailleurs et de son engagement communiste, avec des photos qui mettent en scène artisans et ouvriers : tissage et soufflage du verre par exemple, mais aussi les conditions de vie modestes des parisiens dans l’après-guerre. Suivent une succession de salles consacrées aux voyages : RDA, Tchécoslovaquie, Turquie ou encore USA. Willy Ronis, qui définit le fait de prendre une photo comme « une aptitude à réagir sur le champ à tout ce qui entre en résonance avec [sa] nature profonde » montre un intérêt certain pour la figure humaine, un sujet vivant et émouvant qui traverse toute sa carrière et reflète sont engagement auprès du courant humaniste. Sa photographie est très spontanée et il montre souvent des personnages dans leur environnement quotidien, en mouvement, parfois même flous. S’il n’a pas la rigueur du cadrage d’Henri Cartier-Bresson, il n’hésite pas à être très proche de ses sujets et apprécie les compositions hautes, avec un horizon placé au deux tiers de l’image. Excellent technicien, il insiste sur l’importance de faire ses propres tirages, seul garant d’un résultat à la hauteur de ses exigences artistiques. L’exposition se termine sur une dernière salle confuse, où se mélangent nus féminins, portraits (dont Picasso, Sartre et Capa) et scènes de genre avec chatons.

    Les efforts de médiation semblent réduits au minimum : au milieu de l’exposition, on trouve une chronologie de la vie de Ronis, accompagnée d’une interview audio du photographe ainsi qu’une salle de projection vidéo présentant des interviews croisées de membres de sa famille et de collaborateurs. Si toutes les photographies portent un cartel précis et complet, il n’y a aucun texte de salle, seulement quelques cartels développés. Il s’agit de commentaires de Willy Ronis sur son travail, mais on ne trouve aucune explication ou analyse extérieure qui permettrait une médiation entre les oeuvres et le public. Il n’y a pas non plus de titre dans les salles, ce qui permettrait de distinguer les différentes parties et leurs articulations.

    On peut d’ailleurs regretter que les cinq thématiques – la rue (et surtout Paris), le travail, le voyage, le corps et la vie intime (amis et famille) – n’apparaissent pas plus clairement au fil de l’exposition. Le dépliant qui l’accompagne les évoque, mais qu’en est-il des gens qui n’ont pas pris ce document à l’entrée ? De ce qui ne parlent pas français ? De ce que la lecture d’un long texte rebute ? À propose de l’absence d’explication autour des oeuvres, là aussi, une précision apparaît dans le dépliant : « la présente exposition constitue (…) un premier aperçu de la richesse de ce fonds, dont l’étude rigoureuse et scientifique devra passer encore par un travail de catalogage et une réflexion critique plus poussés ». On peut regretter qu’une telle information ne soit pas présente dans le texte introductif à l’exposition. Au moins pourra-t-on apprécier que l’ensemble de l’exposition soit bilingue français/anglais, en ce qui concerne les cartels et les quelques informations écrites.

    Exposition du 16 avril au 22 août 2010, à la Monnaie de Paris, plus d’information sur le site du Jeu de Paume. J’ai visité l’exposition le 4 juillet 2010.

  • “Gosse de peintre” de Beat Takeshi Kitano à la Fondation Cartier

    “Gosse de peintre” de Beat Takeshi Kitano à la Fondation Cartier

    Beat Takeshi Kitano à la Fondation Cartier
    Beat Takeshi Kitano à la Fondation Cartier

    La Fondation Cartier pour l’art contemporain présente actuellement une exposition conçue expressément pour ses espaces par le japonais Takeshi Kitano. S’il est surtout connu en France pour ses réalisations musclées, mises en scènes d’univers violents empruntes d’humour noir, il se présente souvent au Japon sous les traits de Beat Takeshi, humoriste télévisuel connu pour ses gags absurdes.

    L’exposition, très brouillon, ressemble à un parc d’attraction sur deux étages. Elle va dans tous les sens et ne prend pas vraiment la peine de formuler un propos cohérent. La majorité des oeuvres de Kitano ne dépasseraient pas la galerie de quartier si elles n’étaient signées de sa main. Son trait, autant dans l’illustration que dans la peinture n’a rien de très élégant. L’univers est indéniablement créatif et riche de références, comme en témoignent quelques pièces, telles que le théâtre de marionnette au rez de chaussée, drôle, léger et graphiquement sympathique, mais aussi au sous-sol, la collection de vases, poétiques, simples mais efficaces ou encore les animaux chimériques sont drôles et décalés.

    Quoiqu’il en soit, c’est une jolie exposition pour les enfants, qui se sont montrés très réceptifs pendant la visite, mais beaucoup moins pour les parents qui feront rapidement le tour.

    “Beat Takeshi Kitano, gosse de peintre”, jusqu’au 12 septembre 2010 à la Fondation Cartier. J’ai visité l’exposition le samedi 27 mars 2010.