Tag: Louvre

  • Ask a Curator crée l’événement sur Twitter

    Ask a Curator crée l’événement sur Twitter

    Ask a curator...
    Ask a curator…

    Mercredi dernier, le 1er septembre, s’est tenue la première édition de Ask a Curator. Pendant une journée (réparties sur les différents fuseaux horaires), les membres du réseau social Twitter ont pu poser des questions aux commissaires, chargés de projet et autres membres de la conservation de plus de 340 musées dans le monde.

    Il est intéressant de noter que seuls 7 musées en France ont participé (contre 87 en Grande-Bretagne), principalement des musées de provinces : le Musée d’art moderne Saint-Etienne Métropole (dont la documentaliste, Sophie, est aussi présente à titre personnel sur Twitter et très active), les Abattoirs et le Muséum de Toulouse, les Champs Libres de Rennes Métropole et le Musée du Chocolat de Strasbourg. Seuls musées parisiens : le Musée de la Poste et Cluny, le Musée national du Moyen-Âge (et seul musée national). Pas de trace du Louvre, du Centre Pompidou, du Musée d’Orsay, des Arts Décoratifs ou encore du Musée du Quai Branly. Pour tout dire, l’Australie et la Nouvelle-Zélande avaient chacune plus de musées inscrits que la France… Est-ce que les musées français ont pris peur parce que Twitter est majoritairement utilisé en anglais ? Pourtant, plusieurs musées des Pays-Bas ont répondu en néerlandais à des questions posées en néerlandais, par exemple. Il est bien dommage que ce genre d’initiative n’intéresse pas davantage les institutions de l’Hexagone, car elles permettent d’atteindre un public différent, pas forcément habitué à fréquenter les musées. Et la forme du Ask a Curator Day, propre à Twitter, présentait une excellente opportunité pour démystifier l’institution muséale (qui fait parfois peur), sur un ton spontané et informel. Espérons qu’ils seront au rendez-vous l’année prochaine.

    Ask a Curator est une initiative de Sumo Design, agence de marketing britannique basée à Newscastle. Spécialisée dans la communication des musées et institutions culturelles, Sumo Design est dirigée par Jim Richardson, également le fondateur de Museum Next, une conférence annuelle qui aborde les apports possibles des technologies numériques pour les musées et galeries.

    Parmi les retombées presse, citons notamment l’article de Wired qui indique que le hashtag #askacurator (complété dans la journée par #askcurators) a été l’un des plus populaires le 1er septembre, ainsi que celui du Art Newspaper astucieusement intitulé “Ask and yee shall retweet”, à la fois allusion à la Bible, “Demandez et on vous répondra” et jeu de mot sur retweet, “citer le statut d’un autre membre” dans le langage de Twitter.

  • “Le Louvre pendant la guerre : regards photographiques 1938-1947 » au Musée du Louvre

    (c) Pierre Jahan/Archives des musées nationaux.
    (c) Pierre Jahan/Archives des musées nationaux.

    Le Louvre pendant la guerre, c’est un peu la tarte à la crème de l’histoire du vaisseau amiral des musées de France. Le commissaire Guillaume Fonkenell et son équipe s’en sortent très bien en proposant une exposition simple, dépouillée, extrêmement lisible.

    La scénographie est basique mais efficace : aux murs de l’unique salle carrée sont accrochées les photos de petit format, mélange de tirages d’époque et de reproductions contemporaines. Au centre, un bloc de panneaux présentant quatre faces qui nous mènent de l’accueil du visiteur à la clôture de l’exposition en passant par un montage vidéo et un gros plan sur la Joconde. Le choix d’une organisation à la fois thématique et chronologique est tout à fait pertinent pour le sujet : les premiers panneaux abordent les grands axes de l’histoire du Louvre à travers la guerre, puis viennent les études de cas de la Victoire de Samothrace, de la Joconde et de la Venus de Milo. Le tout adopte une double narration, présentant dans la partie haute les événements historiques et en regard, plus bas, leur influence sur le Louvre.

    Les textes sont claires, abordables et mettent l’accent sur le contexte historique, politique et culturel. Bel effort assez rare pour être souligné, tous les textes, panneaux d’interprétation et cartels y compris, sont trilingues : français, anglais et allemand. Pour chaque photographie, un plan de situation indique avec un point coloré le lieu de prise de vue dans le Palais et ses environs. On découvre avec passion les différentes étapes de la mise en sécurité des oeuvres dans les châteaux aux quatre coins du pays, les saisies par les officiers Nazis, les habiles manoeuvres des conservateurs pour éviter le pillage des collections nationales, le musée quasiment vide au coeur de la guerre, gratuit pour les Allemands, payant pour les Français. C’est passionnant comme un bon polar et fascinant de voir à quel point le patrimoine a été l’enjeu de combats administratifs aussi périlleux que sur le front.

    Parmi la dizaine de photographes présentés, on retiendra l’oeil de Pierre Jahan : “Le chemin des madriers de la Victoire de Samothrace” (21 juin 1945) qui propose une composition géométrique remarquable évoquant les classiques de Rodtchenko et de Moholy-Nagy, ou encore “Plein cadres sur les balayeurs” qui n’est pas sans rappeler les “Raboteurs de parquet” de Caillebotte (1875, conservé au Musée d’Orsay).

    L’exposition est aussi une occasion de dévoiler quelques anecdotes qui ne manquent pas de piquant et participent au mythe du Louvre : la Joconde et sa fameuse caisse marquée “LP0” pour “Louvre Peintures 0” et des trois points rouges, les jardins autour des Tuileries mis en culture à cause des rationnements, le musée touché à deux reprises par des obus ou encore un avion britannique abattu à 200m de la Cour Carrée.

    Au final, une expo inspirée, sobre et efficace, qui démontre qu’on peut faire d’excellentes présentations avec un budget serré et de l’ingéniosité.

    Le Louvre pendant la guerre : regards photographiques 1938-1947 au Musée du Louvre, aile Sully, salle de la maquette, du 7 mai au 31 août 2009. J’ai visité l’expo le mercredi 26 août 2009.