Category: pratiques numériques

  • 2021 dans le retro

    2021 dans le retro

    Comme l’an dernier, je m’essaie à l’exercice du bilan – majoritairement professionnel, mais pas que – de l’année qui s’achève. 

    Deux charges d’enseignement et diverses interventions

    Entre janvier et avril 2021, je suis intervenu dans deux formations : auprès des L1 Info-com de Paris 8 autour des bases de la muséologie et de la médiation culturelle et scientifique, et auprès des M1 Intelligence économique/Communication des organisations de l’IAE de Poitiers sur le planning stratégique et les tendances de la communication en ligne. Compte-tenu du contexte sanitaire, la majorité des cours ont eu lieu en distanciel, avec un retour en présentiel ou en format hybride au tout début du printemps. Je ne reviendrai pas sur la complexité à mener ce type de cours, car d’autres l’ont fait mieux que moi, mais je retiens de cette période la motivation et l’enthousiaste des étudiant⋅es qui sont souvent resté⋅es investi⋅es jusqu’à la fin. J’ai notamment eu beaucoup de plaisir à construire mon cours de L1, un exercice de pédagogie assez nouveau pour moi, qui ai pris l’habitude de travailler avec des masters, après avoir débuté l’enseignement avec des premières années de BTS en 2011.

    En septembre, je suis retourné à Poitiers pour deux séances autour de la vie en agence, et du coaching des étudiant⋅es sur un projet professionnel qui les occupe une bonne partie de l’année. C’est toujours une expérience stimulante. Ces derniers jours, je suis intervenu dans un jury de master à Sciences Po, dans un séminaire de master à Lille et, la semaine prochaine, je parlerai à l’ICART du rôle social des musées à travers l’exemple des parcours et thématiques queer/LGBT.

    Merci à Marion Coville de Poitiers et Morgan Corriou de Paris 8 pour leur confiance réitérée, ainsi qu’aux autres contacts professionnels qui me sollicitent ponctuellement.

    Reportages et interviews pour le Programme Société numérique

    Comme l’an dernier, j’ai continué à collaborer avec les chercheurs François Huguet, Clément Mabi et Emmanuel Vergès sur une série de reportages et d’interviews autour des conférences NEC, Numérique en commun(s) pour le compte du programme Société numérique de l’ANCT (Agence nationale de la cohésion des territoires). L’équipe s’est étoffée avec l’arrivée de la journaliste Claire Richard, de la designer Zoé Aegerter et de la chercheuse indépendante Yaël Benayoun. Nous avons remporté un marché public dans le cadre d’un groupement d’indépendant⋅es, ce qui nous permet de prolonger le travail engagé en 2020.

    Au premier semestre, j’ai couvert deux rencontres, l’une en ligne et l’autre à Montpellier. Depuis la mi-novembre, je me suis rendu à Saint-Denis de la Réunion et à Annecy en Haute-Savoie, et j’irai bientôt à Maubeuge, dans les Hauts-de-France, pour suivre d’autres NEC.

    Les premiers carnets, relatifs aux événements de 2020, sont consultables en ligne : Bordeaux, Hauts-de-France, Occitanie et Atlantique. J’y ai interrogé des professionnel⋅les et associatif⋅ves autour des enjeux de la médiation et de l’inclusion numériques, et j’y propose des articles de formats variés : reportages, articles de synthèse, entretiens croisés ou interviews individuelles.

    Formation d’enseignant de yoga

    Eh oui ! C’est la nouveauté de l’année : j’ai suivi une formation de prof de yoga en ligne. Je pratique le yoga depuis 2011, principalement dans le studio Ashtanga Yoga Paris. Après quelques années d’hésitation, une pratique assidue pendant le premier confinement m’a convaincu de me lancer dans une formation d’enseignant.

    Malheureusement, entre un nouvel épisode de Covid en avril et mes engagements professionnels rémunérateurs, je ne suis pas parvenu à consacrer autant de temps que je le souhaitais à cette formation et je me hâte de finaliser mes devoirs avant le 31/12 pour pouvoir obtenir mon certificat. Néanmoins, j’ai commencé à enseigner avec un petit groupe d’élèves, des proches qui ont accepté d’être mes cobayes et qui ont profité de mes premiers cours. Je les remercie, ainsi que mes profs, ancien⋅nes et actuel⋅les, pour leur soutien dans ce projet.

    Rôle social des musées

    Toute l’année, j’ai profité de mes déplacements professionnels et personnels pour visiter plusieurs musées, parmi lesquels le Museon Arlaten, le Rijksmuseum et l’Amsterdam Museum, le Musée de Villèle et Stella Matutina à la Réunion. Je continue ma veille sur le rôle social des musées et je m’intéresse principalement à la manière dont les musées d’arts et les musées de société abordent l’héritage colonial et présentent l’histoire de leurs collections. En 2022, j’envisage de prolonger ce travail et de le formaliser, au-delà de mes cours.

    Et demain ?

    Mi-janvier, je reprendrai les cours à Poitiers puis à Paris 8, où je donnerai également un atelier professionnel en L2. J’aurai ainsi le plaisir de retrouver mes L1 de l’an dernier pour approfondir la production de dispositifs de médiation culturelle et scientifique sur des supports numériques. Sur l’année, j’ai encore cinq autres conférences NEC à couvrir un peu partout dans l’Hexagone. Si tout se passe bien, je mettrai en place une activité de prof de yoga même si je ne sais pas encore dans quel cadre et à quel rythme. J’ai également d’autres projets d’écriture, autour d’objets de la culture et des industries culturelles, que j’espère pouvoir développer en 2022, sans parler du retour du podcast La Bascule que Charles Roncier et moi préparons ces derniers mois.

    Pas plus que l’an dernier (peut-être même encore moins), je ne me sens journaliste. Certain⋅es de mes proches ont commencé à me qualifier de chercheur indépendant, ce qui me gêne énormément car je le suis encore moins. Journaliste, j’en ai au moins le diplôme (bout de papier reçu du CELSA cet été !), mais chercheur, je n’en ai même pas la formation. Comme l’an dernier, je réitère mon positionnement professionnel : je travaille – c’est-à-dire que je lis, j’écris et j’enseigne – sur les musées, le numérique, les luttes queer/LGBT, et parfois leurs croisements. Cette année, j’ai affiné ces thématiques en approfondissant mon travail sur le rôle social des musées et sur les enjeux de l’inclusion numérique. Dans les mois qui viennent, je souhaite “muscler” mon discours en lisant encore plus sur ces sujets et en organisant davantage ma pensée. Ce n’est pas une promesse que je vous fais, lecteurs et lectrices, mais plutôt un pense-bête, un fil rouge que je m’attribue.

    L’année 2022 s’annonce complexe, entre la crise sanitaire qui n’en finit pas et l’élection présidentielle qui nous réserve sans doute quelques émotions fortes. Restons mobilisé⋅es, patient⋅es et bienveillant⋅es, car on va en avoir besoin.

  • Cinquante ans de pratiques culturelles en France

    Cinquante ans de pratiques culturelles en France

    Cinquante ans de pratiques culturelles en France
    Cinquante ans de pratiques culturelles en France

    L’étude “Cinquante ans de pratiques culturelles en France”, coordonnée par le statisticien Philippe Lombardo et le sociologue Loup Wolff, a été publiée par le Ministère de la Culture le 10 juillet 2020.

    Très attendue car la dernière datait de 2008, cette sixième enquête depuis les années 1970 est ambitieuse (9200 personnes interrogées en 2018). Elle permet de dresser le bilan de cinquante ans de pratiques culturelles en France métropolitaine. Six grandes tendances émergent :

    • Sur la période, la part de la culture dans le quotidien des Français⋅e⋅s n’a cessé de croître, avec une diversification des pratiques. La télévision et la radio, si elles se maintiennent, sont concurrencées par les outils et plateformes numériques, surtout chez les moins de 35 ans.
    • Justement, les pratiques culturelles numériques ont connu une explosion ces dix dernières années, surtout les jeux vidéo. Il me semble dommage que les auteurs ne mettent pas en perspective leurs observations avec l’évolution des technologies numériques (notamment la fibre en fixe et la 4G en mobile), ainsi que celle des plateformes (la plupart des plateformes apparaissent entre la fin des années 2000 et le début des années 2010).
    • Les Français⋅e⋅s fréquentent les lieux culturels avec assiduité et, sur la période, c’est notamment le développement de cette pratique chez les plus de 40 ans qui explique sa large diffusion. Mais les 25-39 ans s’illustrent par leur manque d’intérêt pour le spectacle vivant.
    • Corollaire de l’explosion des pratiques numériques, les pratiques culturelles s’homogénéisent sur le territoire, avec une réduction des écarts. En revanche, la fréquentation des lieux patrimoniaux reste l’apanage des plus diplômé⋅e⋅s (je ne vous ferai pas l’insulte de vous suggérer de relire Bourdieu)
    • La centralité du numérique caractérise les pratiques culturelles des générations les plus récentes : les plus jeunes délaissent la TV et la radio au profit des réseaux sociaux numériques pour s’informer. Ce qui ne les empêchent pas de continuer à fréquenter des lieux culturels.
    • Les personnes nées entre 1945 et 1954 structurent le paysage français par l’intensité de leurs pratiques culturelles. Elles sont plus engagées que les générations d’avant et d’après, laissant craindre un effondrement de certaines pratiques, compte-tenu de leur vieillissement.

    L’enquête complète est disponible sur le site du Ministère. En complément, je vous suggère de consulter également la dernière édition du baromètre du numérique de l’Arcep (chiffres au 30 juin 2019).