Category: luttes queer/LGBT

  • 2020 dans le rétro

    2020 dans le rétro

    L’année qui s’achève a été tour à tour étrange, incertaine, inquiétante, voire carrément surréaliste. Paradoxalement, ma réorientation professionnelle s’est plutôt bien passée. Elle l’a été parce que tout est possible quand on croit en ses rêves dans notre belle start-up nation j’ai bénéficié du filet de sécurité que constituent les acquis sociaux que les récents gouvernements successifs s’évertuent à détricoter. J’ai également récolté les fruits d’années d’investissement dans un réseau professionnel, dont je n’avais pas imaginé la générosité et la réactivité. Retour sur cette folle année, donc. 

    Résumé des épisodes précédents

    En octobre 2019, je quitte le musée du quai Branly après pas loin de 8 ans de service, et je suis diplômé du master de journalisme du CELSA. En novembre, je rejoins Datagif comme chef de projets. En janvier 2020, les boss de l’agence et moi-même convenons, d’un commun accord, de déclarer ma période d’essai infructueuse. Erreur de casting, malentendu sur les attentes de part et d’autre, on s’est trompés, on se quitte bons amis. À peine le temps de digérer la déception et de m’inscrire à Pôle Emploi que la crise sanitaire commence et, avec elle, le premier confinement. Je profite de l’occasion pour me lancer comme journaliste indépendant, dans un contexte pour le moins difficile, mais l’actualité me donne quelques idées de piges.

    Deux articles publiés dans la presse en ligne

    En mai, je publie Le confinement a mis à l’honneur les métiers du numérique dans les musées dans le Digital Society Forum. L’occasion de mettre l’une de mes vieilles marottes, l’histoire du numérique dans les musées, en perspective avec l’actualité, à l’époque toute récente, du début de la crise sanitaire. Mon passé dans les musées me permets de m’appuyer sur un solide réseaux de professionnel⋅le⋅s : j’interviewe Noémie Couillard (Voix Publics), Claire Séguret (Bnf) et Omer Pesquer (indépendant).

    Merci à Claire Richard pour sa confiance et son accompagnement éditorial bienveillant.

    En juin, mon premier article parait dans Slate : #BlackLivesMatter, l’assourdissant silence des musées français. C’est l’occasion de revenir sur les réactions contrastées des musées au mouvement contre le racisme et les violences policières, suite à l’assassinat de Georges Floyd par des policiers blancs. Cet article me permet de valoriser le travail de femmes, dont certaines racisées, dans une démarche de visibilisation importante à mes yeux : Anne Lafont, historienne de l’art ; Katia Kukawka, conservatrice en cheffe du musée d’Aquitaine, ainsi qu’une community manager anonyme de mon réseau.

    Stratégie éditoriale et community management pour l’Inrap

    En juin, l’Inrap me contacte pour assister l’équipe web sur les Journées européennes de l’archéologie, devenues un événement semi en ligne, semi en présentiel, en raison du contexte sanitaire. Je collabore alors avec Blandine Texier, l’une de mes anciennes étudiantes à Paris 3. J’en profite : rappelez-vous de toujours soigner l’accompagnement de vos étudiant⋅e⋅s et de vos stagiaires. Non seulement elles et ils sont l’avenir de votre profession mais en plus, elles et ils sont vos futur⋅e⋅s collègues. Transmettez-leur vos valeurs, respectez-les même lorsque leurs avis divergent du vôtre, encouragez-les à prendre la parole, soyez constructifs et constructives lorsqu’elles et ils font des bourdes. Et surtout : faites-leur confiance.

    Merci à Omer Pesquer qui a soufflé mon nom à l’Inrap.

    Production et coordination éditoriale du podcast La Bascule

    En octobre, le journaliste scientifique Charles Roncier et moi-même dévoilons notre podcast La Bascule. Nous y donnons la parole aux personnes qui prennent la PrEP, la prophylaxie pré-exposition, qui protège du VIH/sida. Ce projet, dont j’ai déjà parlé ici, a démarré en 2019 quand j’ai convaincu Charles de la pertinence d’un podcast consacré au sujet. Nous produisons la globalité du travail ensemble, avec une grande fluidité et beaucoup de spontanéité dans notre collaboration. Nous sélectionnons les témoignages et réalisons l’écriture générale des épisodes ensemble. Dans le détail, Charles assure les interviews et écrit l’essentiel de ses interventions. Il s’occupe du pré-découpage, du montage et du mixage des épisodes. De mon côté, je coordonne les prises de contact avec les interviewé⋅e⋅s, et je prends en charge la préparation des grilles d’interviews, la recherche des ressources et les publications sur les réseaux sociaux.

    Merci encore Charles de sa confiance.

    Community management pour le colloque #MediaSex2020

    En novembre, j’ai assuré une aide éditoriale et le community management du colloque Médiatiser les sexualités, organisé en ligne par Rennes 2 et Lille 3. Ce projet m’a donné l’opportunité de travailler sur des sujets aussi variés que l’économie des plateformes numériques, les normes de genre dans les industries culturelles ou le traitement journalistique des sexualités. La stimulation intellectuelle de porter le message d’universitaires m’a rappelé le plaisir que j’avais à travailler sur des contenus scientifiques quand j’étais au musée du quai Branly.

    Merci à Florian Vörös et Béatrice Damian-Gaillard pour leur confiance.

    Reportages pour le Programme Société numérique

    Depuis l’été, je réalise une série de reportages dans le cadre d’une mission pour le Programme Société numérique. J’interviewe des acteurs et des actrices de la médiation/inclusion numérique qui participent aux conférences NEC, Numérique en commun(s). Les enjeux du secteur recoupent ceux de la culture : connaître ses publics, évaluer ses actions en ligne et hors ligne, créer des synergies entre les structures. Quand c’était possible, je me suis déplacé à Lens, à Bordeaux et dans la région d’Avignon, mais l’essentiel du travail se fait à présent en ligne et au téléphone. À ce jour, j’ai réalisé une vingtaine d’interviews en mois de 3 mois et, à terme, je vais livrer un total de 7 articles longs, aux formats variés (entretiens croisés, interviews thématiques, reportages, etc). C’est un projet exigeant mais très formateur et, il faut bien le reconnaître, clairement plus rémunérateur que les piges dans la presse.

    Merci à François Huguet qui a pensé à moi pour l’accompagner sur ce projet.

    Et demain ?

    J’ai accepté deux charges de cours qui m’occuperont de janvier à avril 2021. La première me mènera à Poitiers avec des masters de l’IAE, sur le planning stratégique et la communication institutionnelle (merci à Marion Coville d’avoir pensé à moi). La seconde est à Paris 8 avec des L1 Info-Comm, autour des basiques de la médiation culturelle et scientifique (merci à Maxime Cervulle d’avoir glissé mon nom à la responsable de la formation).

    J’ai quelques autres pistes de projet d’ici le printemps 2021 mais rien de signé encore. Bien sûr, Charles et moi allons continuer la Bascule, et nous avons déjà des idées pour les prochaines saisons. À part ça, je n’ai aucune visibilité sur le reste de l’année, qui s’annonce particulièrement rude pour les indépendant⋅e⋅s, compte-tenu du contexte sanitaire, économique et social. Et au mois d’août, j’aurai 40 ans.

    Si l’essentiel de mon travail relève des techniques du journalisme, je ne l’effectue pas pour des entreprises de presse, et c’est pourquoi j’ai toujours du mal à m’identifier comme journaliste. De manière générale, je préfère mettre en avant les sujets sur lesquels je travaille, comme je le fais sur Twitter, plutôt que de revendiquer une profession. Je travaille – c’est-à-dire que je lis, j’écris et j’enseigne – sur les musées, le numérique, les luttes queer/LGBT et leurs croisements.

    Je ne suis pas inquiet, je ne suis pas confiant, je ne suis pas résigné. Nous traversons une époque compliquée, marquée par la destruction de notre modèle social, l’érosion de la confiance dans les institutions et les médias, et un glissement chaque jour confirmé vers l’autoritarisme, réclamé par certain⋅e⋅s. Au milieu de tout cela, je m’efforce de continuer à travailler en portant les valeurs de solidarité, de curiosité intellectuelle et de bienveillance qui sont les miennes. C’est la manière dont je milite, c’est ce que j’ai trouvé de mieux pour continuer d’avancer dans l’incertitude et l’impermanence.

    Merci aussi à fp, qui continue de me faire profiter de ses conseils avisés.

  • Et si c’était La Bascule ?

    Et si c’était La Bascule ?

    Après un mémoire de recherche, des tonnes de tweets et pas mal de discussions avec mes proches sur le sujet, j’ai finalement mis en ligne mon premier podcast, co-produit avec Charles Roncier, journaliste scientifique (et que j’ai le privilège de pouvoir compter parmi mes ami⋅e⋅s) : La Bascule.

    Nous avons rencontré des personnes qui prennent la PrEP ou prophylaxie pré-exposition, un traitement et un protocole de suivi médical qui permet aux personnes séronégatives (mais exposées au VIH) de le rester : en clair, principalement des HSH, des hommes qui font du sexe avec d’autres hommes. Nous avons construit ce podcast dans une perspective journalistique, mais avec une approche qui s’inspire de la médiation scientifique. Nous espérons que “La Bascule” permettra de faire circuler l’information autour de la PrEP, qui constitue un espoir majeur de mettre fin à l’épidémie de VIH/sida dans les prochaines années, au moins dans les pays fortement industrialisés.

    Logo la Bascule

    C’est un moment important pour moi car c’est le premier projet d’envergure que je présente publiquement et qui sort des sujets sur lesquels je travaille depuis des années. J’aurai l’occasion de revenir dans un prochain billet de blog la manière dont les trois sujets qui m’occupent aujourd’hui (musées/politiques culturelles, pratiques et usages du numérique, luttes queer/LGBT) s’articulent autour d’enjeux de pouvoir, et comment ils sont devenus le cœur de mon activité professionnelle.

    Merci à Charles pour sa confiance et son soutien, et merci aux personnes qui ont accepté de nous confier leurs témoignages. Ce projet, dont le dévoilement constitue un chapitre important mais qui n’est que le début, m’a permis d’approfondir ma pratique du journalisme, notamment l’art délicat de l’interview et l’écriture radiophonique, dans la continuité de mon master au CELSA en 2019.

    Vous pouvez retrouver “La Bascule” sur vos applis de podcasts habituelles : Apple Podcasts, Deezer, Google Podcasts et Spotify, ainsi que sur Instagram et Twitter.